Culture

Théâtre du Quatrième Art : Nidhal Yahyaoui dévoile « Gourbi», un voyage suspendu entre mémoire et modernité

Le Théâtre du Quatrième Art de Tunis s’apprête à vibrer au rythme de l’avant-première du nouveau projet musical de Nidhal Yahyaoui, intitulé « Gourbi » (ڤربي). Le rendez-vous est pris pour le samedi 6 juin 2026 à 19h00, promettant une immersion totale dans un laboratoire sonore où le patrimoine tunisien se réinvente.

De l’obscurité de la demeure à la lumière de la scène

En Afrique du Nord, le mot « Garby » désigne cette habitation populaire, humble et exiguë, dont l’unique porte est la seule source de lumière. Pourtant, dans l’imaginaire de ses occupants, ce lieu confiné regorge d’histoires, de souvenirs et de mélodies infinies.

C’est précisément de cette philosophie que Nidhal Yahyaoui s’inspire. Loin d’être une invitation à l’isolement, « Gourbi» est pensé comme un espace de transition et de métamorphose. Il s’agit de fermer cette porte un instant pour s’écouter soi-même et sonder l’héritage, avant de la rouvrir en grand pour offrir au public des visions sonores inédites nées dans l’obscurité du laboratoire de recherche.

« Gourbi » n’est pas une simple réanimation du passé, ni une tentative de figer le patrimoine dans une image d’archive. C’est un espace de création où la mémoire collective fusionne avec l’expérimentation individuelle.

Une fusion organique : Quand l’organique défie l’électronique

Le spectacle se déploie comme un dialogue audacieux entre la mémoire vivante et la création contemporaine. Sur scène, les rythmes et les instruments traditionnels tunisiens se confrontent directement à la musique électronique et aux effets sonores modernes.

Le public est invité à vivre une expérience sensorielle complète, articulée autour de trois piliers :

  • L’archive sonore : Des enregistrements rares et des musiques transmises de génération en génération.
  • La modernité acoustique : Des touches électroniques et des textures numériques qui projettent les mélodies ancestrales vers une dimension futuriste.
  • Le récit collectif : Des textes et une mémoire orale qui célèbrent la richesse et la diversité géographique et culturelle de la Tunisie.

Une matière vivante face aux questions du présent

Connu pour son engagement de longue date dans l’exploration, la collecte et la réinterprétation de la mémoire musicale tunisienne, Nidhal Yahyaoui refuse de traiter le patrimoine comme un objet de musée poussiéreux. Pour lui, il s’agit d’une matière vivante et malléable.

Entouré de musiciens venus d’horizons divers, l’artiste propose une performance où chaque instrumentiste interagit avec le legs traditionnel à travers sa propre sensibilité. Les mélodies s’aventurent ainsi dans des territoires inexplorés et les rythmes se déconstruisent. Au centre de ce tumulte créatif, la voix de Yahyaouis’impose comme le fil conducteur, portant l’identité de cette mémoire tout en questionnant les esthétiques du présent.

Qu’ils soient joués en direct ou triturés par des transformations numériques, les instruments traditionnels prouvent ici leur incroyable fertilité. « Gourbi» s’annonce déjà comme le rendez-vous incontournable des amateurs de musiques alternatives et expérimentales, curieux de voir comment le passé peut ouvrir des horizons infinis vers l’avenir.

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