Sami Yusuf au Festival international de Carthage : une expérience musicale, spirituelle et contemplative

le 1 août 2026, un public nombreux a été présent à la 60eme édition du Festival International de Carthage, au concert de l’artiste britannique aux talents multiples Sami Yusuf. Ce concert à Carthage fait partie d’une tournée mondiale grandiose. Il marque sa première prestation sur cette scène mythique et son grand retour en Tunisie depuis son premier passage en 2012.
Sur scène, 30 musiciens et choristesoriginaires de plusieurs pays ont été réunis pour un spectacle d’envergure où la prouesse artistique a rejoint la spiritualité dans une expérience musicale et contemplative à la fois. Deux voix du Maroc ont accompagné Sami Yusuf au chant, Nabila Maan et Ismaïl Boujia, en plus du chanteur espagnol Isra Moro.
Il s’est produit cette fois en compagnie de l’ensemble artistique qu’il a créé lui-même, « Fons Sophiae Collective », dont le nom signifie « fontaine de la sagesse ».
Pour cette soirée, Sami Yusuf a partagé ses succès les plus populaires, ainsi que de nouvelles productions qui ont trouvé écho chez les spectateurs enthousiastes. Ses œuvres où plusieurs langues et inspirations se croisent prônent principalement les valeurs universelles de fraternité, de solidarité, de paix et d’espoir.
Le concert a été entamé par des vocalises de Sami Yusuf avec des instruments de percussion orientaux et deux qanoun pour seul accompagnement.

Le premier texte chanté a été « Wallahi me talaat chamson we la gharobat », l’un des poèmes soufis les plus célèbres de tous les temps. Il est composé par Al Halladj plusieurs siècles auparavant et mis en musique par Omar Khayrat en 2012. Une transition fluide s’est faite avec un air de flamenco puis des couplets en espagnol et en latin avant que les sonorités des percussions orientales ne s’élèvent de nouveau.
Juste après ce morceau, Sami Yusuf s’est adressé au public dans un discours chaleureux, avant d’expliquer l’origine de ce morceau hybride intitulé »Veritas« . Le texte latin est de la mystique allemande du XIIᵉ siècle Hildegarde de Bingen, les paroles espagnoles sont de Saint Jean de la Croix. Cette œuvre a été créée à Amsterdam en 2021 dans le cadre de la série de concerts One Heartbeat. Elle est présentée à Carthage dans sa version intégrale qu’il joue pour la deuxième fois depuis sa conception. « C’est la première fois que je me produis dans le théâtre antique de Carthage, et en me tenant ici, je mesure pleinement le privilège que cela représente », a déclaré Sami Yusuf, ému. Il a souligné que « le programme est conçu spécialement pour le lieu qui l’accueille, pour son public et pour l’instant unique de cette soirée ».
Pour la suite du concert, il a interprété un autre poème intemporel du Hallaj « Beladhi askara men aadhbi al hawa« , dans un réarrangement inédit. La line-up a également inclus « Madad« , la version arabe de « Nasimi», une composition figurant à l’origine sur l’album « A Timeless Presence », puis « Lifting the veil » de son dernier album « Ecstasy » sorti en mars 2026. Le morceau suivant a été dédié au peuple de Gaza. C’est une ôde à la résilience basée sur les fameux vers de Mahmoud Darwiche » Nahnou nouhi ou l hayata« , portés par les voix de Sami Yusuf et Nabila Maan. La musique s’apparente à celle de la dabka palestinienne.
Il a enchaîné avec le célèbre mouachah andalous « Lama bada yatathanna », dans une longue version spéciale qui y intègre des couplets en anglais et en espagnol. Le morceau suivant a été « Hasbi rabi » pour lequel le public l’a accompagné au chant . La chanson qui figure sur l’album »My Ummah » sorti en 2005 comprend des morceaux en plusieurs langues dont l’arabe, le turc et l’anglais. De l’album « Ecstasy », il a également interprété « Ilanaha« . Un autre morceau hybride a particulièrement captivé l’audience. « Un Corazón Bailando« , de l’album « Alma: When Paths Meet », sorti en 2024. Dans cette chanson, le flamenco espagnol, les mawwals marocains, les traditions musicales de l’Andalousie et même des sonorités d’Azerbaïdjan dialoguent en toute fluidité. Il a été chanté par les trois solistes présents, avec Sami Yusuf lui-même.
Pour clôturer la soirée, Sami Yusuf et son ensemble ont interprété pour la première fois le morceau multilingue « Ecstasy » qui donne son nom à l’album dont la réalisation a pris 10 ans, selon l’artiste. Cette composition est particulièrement rythmée et les notes des percussions y ont dominé les autres instruments. Une longue ovation a salué la prestation de Sami Yusuf et sa troupe. Ce concert souligne de nouveau la vocation du Festival international de Carthage, ouvert sur une multitude de styles artistiques et de cultures. Le festival se poursuit jusqu’au 19 août avec plusieurs concerts tunisiens et internationaux qui répondent à tous les goûts.




