César à la Cité de la Culture : Une « Salade César » au piquant salvateur

Hier soir le 18 janvier 2026, le Théâtre des Régions à la Cité de la Culture de Tunisa vibré sous les traits d’esprit de l’humoriste César. Avec son nouveau One-Man-Show intitulé « Salade César»,scénario de Bilel Misaoui et mise en scène Ragheb Lahbecha, l’artiste a offert une performance cathartique, jonglant avec brio entre humour noir et dérision populaire pour disséquer les maux de la société tunisienne.
Une dramaturgie de l’engagement
Loin de la simple succession de sketchs, « Salade César » se veut une œuvre composite, à l’image du plat dont elle tire son nom. Si le titre clin d’œil évoque le pseudonyme de l’artiste, la substance du spectacle réside dans ce mélange d’ingrédients doux-amers. Sur scène, César a déployé une scénographie soignée, où les jeux de lumières venaient souligner les ruptures de ton, transformant l’espace scénique en un miroir tantôt sombre, tantôt éclatant de vérité.

L’humour noir au service de l’invisible
L’humoriste a abordé des thématiques d’une rare intensité dramatique. Avec un sens aigu de la satire, il a porté la voix des personnes porteuses de handicap, dénonçant l’écart entre leurs rêves de dignité et une réalité administrative souvent sourde.
Le public a été transporté dans une montagne russe émotionnelle lorsque César a évoqué :
La violence domestique et corporelle : Des sujets tabous traités avec une finesse qui permet de rire du tragique pour mieux le dénoncer.
L’enfer des transports : Une chronique sociale acide sur l’agressivité du quotidien.
La satire politique: L’artiste n’a pas épargné la haute administration, fustigeant avec un humour régalant les nominations de responsables déconnectés des réalités du terrain au sein de certains gouvernorats.
Une communion scénique
La force de ce spectacle réside également dans son interaction organique avec le public. César ne se contente pas de délivrer un texte ; il habite la scène, ponctue son récit de parenthèses musicales entraînantes qui servent de respirations nécessaires entre deux critiques acerbes. Cette alternance entre le rire « jaune» et l’humour purement divertissant a créé une véritable symbiose avec les spectateurs.
En somme, César a réussi son pari : transformer une « salade» de problématiques sociales en une pièce de théâtre engagée. Il prouve une nouvelle fois que l’humour reste l’arme la plus efficace pour panser les plaies de la société tout en exigeant un changement de regard.





