De l’éclat du Saxophone à l’âme du Patrimoine : Seif Maayouf envoûte Gabès avec « Targ,in »

Dans une atmosphère électrique, teintée de nostalgie et de virtuosité, le Complexe Culturel Mohamed Bardia vibré au rythme de « Targ,in». Porté par le saxophoniste Seif Maayouf,ce spectacle a offert au public une immersion totale dans les profondeurs de l’identité musicale tunisienne.
Ce n’était pas un simple concert, mais un dialogue organique entre modernité et tradition. En faisant dialoguer le souffle cuivré de son saxophone avec les vibrations ancestrales de la Zokra, de la Gasba et du Mezoued, Seif Maayouf a prouvé que le patrimoine national reste une matière vivante, capable de captiver les cœurs et de se réinventer sans perdre son âme.
L’événement s’est tenu dans le cadre de la manifestation culturelle « Min Al-Zakira » (De la Mémoire), célébrant la 35ème édition du Mois du Patrimoine, en partenariat avec l’Institut Supérieur des Arts et Métiers de Gabès.

Une odyssée musicale entre îles et déserts
Pendant plus d’une heure et demie, l’artiste a orchestré une véritable fresque sonore. Le spectacle « Targ,in » a été conçu comme un récit de voyage, explorant la richesse mélodique des différentes régions de la Tunisie. Seif Maayouf a su mettre en lumière la beauté brute des instruments traditionnels, réveillant la mémoire collective avec force et sincérité.
Le programme a brillé par sa diversité géographique :
- Le Sahel : Ouverture magistrale avec la chanson « Ala Mohamed ».
- Le Sud et le Sahara : Des séquences envoûtantes portées par la Zokra et la Gasba, notamment avec « El Jmel Yehder » et « Ghrib w Jali ».
- Le Nord-Ouest : Un hommage aux mélodies profondes avec le classique « Mardh El Hawa ».
- Les Îles : Une escale rythmée entre Kerkennah et Djerba, illustrée par le titre « Orkzi Aal Ramla ».
Fusion et compositions originales :
Au-delà des reprises patrimoniales, Seif Maayoufa dévoilé son propre univers créatif. Il a notamment présenté :
- « Sallou Sallou » : Une pièce aux accents soufis.
- « Mazal » : Un face-à-face audacieux et inédit entre le Saxophone et la Zokra.
- « Taalet » : Une composition personnelle centrée sur le Mezoued, qui a suscité une interaction enthousiaste du public.
« Le patrimoine n’est pas un passé figé que l’on conserve, mais une âme vivante qui se renouvelle. » — Tel est le message porté par cette édition de « Min Al-Zakira ».
Une soirée mémorable qui confirme que la scène tunisienne contemporaine sait, mieux que quiconque, faire danser son histoire sur des notes d’aujourd’hui.





