Cinéma : « Jondi » (Part One), le film d’action tunisien entre adrénaline, romance et codes de la « Jackie Chan »

Par le prisme d’un mélange des genres inattendu, le nouveau long-métrage « Jondi » (Partie 1) bouscule les codes du cinéma tunisien. Porté par l’acteur et producteur Aymen Cherif,le film tente un pari risqué : marier l’action brute, la romance passionnée et une touche d’humour décalée, le tout sous une esthétique qui n’hésite pas à flirter avec la science-fiction.

Un héros au cœur de fer et de velours
Au centre de cette épopée, on retrouve Aymen Cherif dans le rôle de « Jondi ». Ancien militaire au tempérament d’acier, ce personnage incarne le patriotisme pur : un combattant intrépide face à la menace terroriste, dont le pays demeure le premier et le plus grand amour. Mais là où le film surprend, c’est dans la dualité du protagoniste. Derrière la machine de guerre se cache un homme d’un romantisme fou, presque vulnérable, illustrant un « amour fou » qui contraste violemment avec la rudesse des scènes de combat.
Face à lui, Abir, actrice dont le talent comique n’est plus à prouver, excelle dans le rôle de Yosra. Elle incarne cette femme en quête de virilité authentique, apportant une respiration nécessaire au récit grâce à un jeu pétillant et une présence scénique remarquable.
Un casting hétéroclite et des débuts remarqués
« Jondi » se distingue également par ses choix de distribution. Le film marque la première apparition à l’écran du rappeur tunisien Costa, qui livre une performance solide, prouvant que la transition de la scène musicale au septième art peut être fluide et convaincante.
À l’inverse, Arbi El Mezeni, fidèle à sa réputation, injecte une dose d’humour familière au public. Bien que son casting puisse sembler « parachuté » de l’univers télévisuel, il conserve sa casquette de comique, offrant un contrepoint léger à la tension narrative.
Une esthétique hybride et semiologique
Techniquement, le film explore des terrains peu fréquentés par la production nationale. Le découpage technique intègre des éléments de science-fiction, créant une atmosphère singulière. Lors d’un entretien avec Aymen Cherif, l’acteur-producteur est revenu sur la sémiologie de certaines images, notamment la présence de la croix portée par l’oncle, ou encore le rôle complexe de Jamila Chihi, pivot émotionnel et narratif.
Entre violence crue et drame familial
Classer « Jondi » s’avère complexe. Est-ce un film familial ? La réponse est nuancée. Si la romance et l’héroïsme sont au cœur du sujet, le film ne recule devant rien pour dépeindre une réalité sombre : scènes de violence percutantes, immersion dans l’univers de la drogue et présence d’escort-girls marquent le début de l’œuvre, ancrant le récit dans une noirceur assumée.La fin, résolument ouverte, laisse présager une suite que les amateurs d’action attendent déjà. « Jondi » ne se contente pas de raconter une histoire ; il pose les jalons d’un cinéma de genre tunisien qui cherche encore ses limites, entre divertissement populaire et critique sociale acerbe.





