Quand l’excellence vocale sublime le cadre millénaire de Dougga : le triomphe de Marwa Nagy en Tunisie

Quand la pureté d’une voix d’exception s’allie au virtuose du Tarab authentique, face à un public de connaisseurs, la magie opère instantanément. Le résultat ? Une immersion envoûtante au cœur de l’âge d’or de la musique arabe.
Pour sa toute première apparition sur une scène tunisienne, la cantatrice égyptienne Marwa Nagy, pure création de l’Opéra du Caireet révélation de l’émission The Voice, a offert un concert mémorable sur le majestueux théâtre antique de Dougga. Dans ce haut lieu où la grandeur de la civilisation romaine rencontre la délicatesse des arts, la chanteuse était magnifiquement soutenue par l’Orchestre National, placé sous la baguette inspirée du maestro tunisien Mohamed Lassoued.
Deux heures d’extase musicale et un hommage à Baligh Hamdi
Durant plus de deux heures, l’artiste à la voix à la fois majestueuse et veloutée a littéralement transporté son auditoire. Naviguant avec une aisance déconcertante dans le répertoire légendaire du compositeur Baligh Hamdi, Marwa Nagy a fait vibrer les pierres séculaires du site. Une foule passionnée, majoritairement composée d’amateurs éclairés âgés de 25 ans et plus, s’est laissée porter par le rythme, reprenant en chœur chaque refrain et esquissant quelques pas de danse au son de mélodies intemporelles.
Un moment de pure symbiose :
Cédant à l’enthousiasme débordant des spectateurs, la cantatrice a bousculé le programme initialement prévu en interprétant l’incontournable « Alf Leila wa Leila », suivi d’une version a cappella saisissante du classique « Berdak ».
En conférence de presse à l’issue du spectacle, Marwa Nagy a confié avec le sourire :« Le maestro m’avait suggéré de rester flexible face aux attentes de la foule. Mais devant un tel élan d’amour, il m’était impossible de m’arrêter ! Le public tunisien est célèbre pour sa ferveur, il sait littéralement s’approprier le micro pour chanter avec l’artiste. »
Un piège complice et une marque de confiance
La soirée a également été marquée par une agréable surprise nimbée d’une touche de complicité. Marwa Nagy a révélé avoir repéré le timbre de voix du maestro Mohamed Lassoued lors des répétitions :« J’ai immédiatement voulu piéger le maestro pour que le public puisse profiter de son talent vocal ! Je l’ai doucement entraîné sur scène jusqu’à ce qu’il accepte de partager un duo improvisé avec moi. »
Parmi les spectateurs qui quittaient les lieux en fredonnant, réclamant déjà un rappel, beaucoup ont avoué être venus les yeux fermés. Si certains ne connaissaient pas encore toute la carrière de la cantatrice égyptienne, la seule présence du maestro Mohamed Lassoued à la direction de l’orchestre constituait une garantie absolue d’excellence.
Une empreinte indélébile dans le paysage culturel tunisien
Cette nuit féerique a réussi le pari de réunir l’art authentique, l’héritage d’une civilisation millénaire et la passion d’un public mélomane. En signant une prestation d’une telle élégance, Marwa Nagy a gravé son nom dans le cœur des Tunisiens, scellant le début d’une grande histoire d’amour avec un retour sur les scènes nationales déjà très attendu.




