« Sous le jasmin » : Saber Al Rebai ouvre les 60 ans de Festival international de Carthage dans une célébration de la mémoire musicale

Le chanteur tunisien Saber Al Rebai a inauguré la 60e édition du Festival international de Carthage avec un spectacle intitulé « Sous le jasmin», présenté sur la scène du théâtre antique de Carthage. Une soirée d’ouverture qui a célébré six décennies d’histoire du festival, en revisitant les grandes étapes de la chanson tunisienne et arabe.
Conçu spécialement pour cette édition anniversaire, le spectacle a proposé une fresque musicale mêlant œuvres du répertoire de l’artiste et classiques du patrimoine, accompagnée par un orchestre réunissant des musiciens tunisiens, algériens et français sous la direction du maestro Kaïs Mliti.
Au-delà du concert, la performance s’est distinguée par une mise en scène visuelle et narrative élaborée, débutant par un film retraçant le parcours de l’artiste, de ses débuts à Sfax jusqu’à sa reconnaissance sur la scène arabe, avant d’enchaîner sur une série de tableaux musicaux mêlant mémoire et modernité.
La soirée a également été marquée par la participation de figures emblématiques et de jeunes talents, illustrant la volonté de transmission artistique. Le public a ainsi retrouvé Lotfi Bouchnak aux côtés de l’artiste, ainsi que de jeunes voix comme Ahmed Rebai, Malek Charni, Bouthaina Nabili et Mohamed Ali Chbili.
Moment fort de la soirée : la dimension maghrébine du spectacle avec l’apparition du chanteur algérien Cheb Khaled, qui a partagé la scène avec Saber Al Rebai dans un medley réunissant « Sidi Mansour» et « Abdelkader », offrant une fusion musicale saluée par le public.
Dans un hommage émouvant, la voix de la chanteuse disparue Dhekra Mohameda été revisitée grâce à des effets visuels, recréant symboliquement sa présence sur scène et suscitant une vive émotion dans le public.
Profitant de l’événement, Saber Al Rebaia également présenté de nouveaux titres, tout en interprétant ses chansons les plus connues, reprises en chœur par le public dans une ambiance festive.
Lors de la conférence de presse tenue après le concert, l’artiste a déclaré que ce spectacle « n’est pas seulement une ouverture de festival, mais une célébration de soixante ans de mémoire nationale », soulignant la dimension symbolique de la scène de Carthage dans la construction de l’identité artistique tunisienne.
Il a également précisé que la préparation du spectacle s’est faite dans un délai court, tout en insistant sur l’importance d’être à la hauteur de l’événement : « Ouvrir la 60e édition est une grande responsabilité, il fallait proposer un travail à la hauteur de l’histoire de Carthage».
Enfin, il a insisté sur l’idée de transmission artistique, affirmant que « l’artiste construit son parcours à partir de l’héritage de ceux qui l’ont précédé et contribue à ouvrir la voie aux générations futures », rappelant que l’esprit du festival repose sur la continuité de la création.
La 60e édition du Festival international de Carthage se poursuivra jusqu’au 19 août, avec une programmation réunissant des artistes tunisiens, arabes et internationaux, confirmant le rôle central de ce rendez-vous dans le paysage culturel régional.




