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« Centifolia-Ghneya lik » de Rafik Gharbi au Festival international de Sousse: Un hymne en fleurs aux femmes tunisiennes

L’avant-dernier spectacle marquant le clap de fin de la 66e édition du Festival international de Sousse a été « Centifolia – Ghneya Lik » de Rafik Gharbi. À l’occasion de cette soirée du 13 août, qui a coïncidé avec la Fête nationale de la femme tunisienne, un dress code symbolique a été proposé : des robes à fleurs.

Un choix loin d’être anodin, puisque « Centifolia » désigne la rose aux cent pétales, fleur emblématique de la féminité, de la grâce et du raffinement. Elle est souvent utilisée en haute parfumerie, notamment par des maisons prestigieuses comme Chanel ou Dior.

Un public nombreux et enthousiaste a répondu présent, transformant les gradins en une fresque de couleurs élégante et festive à la fois.

Dans « Centifolia-Ghneya lik Â», Rafik Gharbi a présenté ses compositions personnelles chantées pour la première fois, en créant un dialogue vibrant entre les instruments, les émotions et le thème floral. Le spectacle puise son essence dans ses influences multiples après une longue carrière en musicien de jazz puis une série de concerts en hommage aux légendes de la musique française comme « ChÅ“ur de femmes Â» « Je vous parle d’un temps Â» et le dernier « Hier encore Â», un hommage à Charles Aznavour qui a eu un succès énorme.

Pour cette création artistique, Rafik Gharbi, au piano, était accompagné de Lilia ben Chikha, Meyssoun Fatnassi et Allem Oun au chant et de musiciens de renom dont Riadh Ben Amor et Youssef Nakkache aux violons, Dhirar Kefi à la guitare et Seif Ghali aux percussions. La surprise de la soirée a été la jeune Ghalia Ben Hlima qui joue au luth comme une grande à tout juste 16 ans.

Ensemble, ils ont invité le public à découvrir une ambiance singulière. La trame poétique, écrite en dialecte tunisien par la plume de Refka Sassi, s’est entrelacée avec les sonorités du flamenco, du tango, des rythmes tunisiens et des musiques du monde. Le résultat est un univers intense propre à Rafik Gharbi, entre passion et nostalgie, habité par l’amour des mots, de la bonne musique, de la scène de Sousse qui lui est devenue familière.

A travers « Alchimie », « Jisr el ochek », « Nhebek wme naarafch alech», « Valse du temps », « Ghneya lik » et d’autres morceaux, l’ensemble a offert un patchwork rythmique alliant des mélodies douces à une musique plus joyeuse et entrainante, le tout autour d’une célébration de la féminité, de l’amour et d’autres émotions partagées.

Les trois chanteurs aux voix puissantes et expressives se sont relayés autour de compositions originales de Rafik Gharbi. Leurs performances acclamées par des applaudissements nourris ont su émouvoir, impressionner et rassembler, donnant à la soirée toute son intensité artistique. Des notes de son piano en passant par les paroles chantées en chÅ“ur, des clins d’œil et des anecdotes racontées, le maestro a été  en osmose avec ses spectateurs.

En plus de ses propres compositions, le spectacle de Rafik Gharbi a été truffé de reprises phares qui ont fait chanter et danser tout le monde, dont  « Padam » d’Edith Piaf, « Helwa ye Baladi» de Dalida, « Le temps des fleurs »..

Des hommages ont aussi été rendus à deux grandes figures féminines de l’Histoire nationale : Alia Menchari, première pilote, et Ons Jabeur. Toutes les deux ont envoyé des messages en vidéos enregistrées spécialement pour le public de « Centifolia».Â

La foule présente a été émerveillée par cette soirée de deux heures de live avec un programme varié, oscillant entre classiques connus et nouvelles chansons du maestro que les spectateurs ont découvert pour la première fois. L’ovation finale en disait long : le public a entendu et surtout ressenti ce moment de complicité. À l’issue de la soirée, pour clore l’événement sur une note de reconnaissance, cent roses ont été offertes à des femmes présentes dans le public, en écho au message de célébration de la femme porté tout au long du spectacle.

Avec « Centifolia-Ghneya lik », Rafik Gharbi qui s’était fait connaître jusqu’ici en compositeur ou arrangeur discret a amorcé une nouvelle page empreinte de sensibilité et de renouveau: un monde sonore façonné avec soin où son piano, à la fois subtil et expressif, a su instaurer des confidences musicales avec le public pour un avenir qui semble prometteur.

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