Tabarka Jazz Festival : Le retour magistral de Liz McComb, entre grâce, énergie et communion

Après treize ans d’absence, la diva américaine du blues et du gospel a littéralement enflammé la scène de la deuxième soirée du festival. Un moment de pure magie, marqué par une performance vocale prodigieuse et une complicité mémorable avec le virtuose tunisien Hedi Fahem.
Il y a des soirs où le temps suspend son vol, et cette deuxième soirée du grand retour du Tabarka Jazz Festival en fait définitivement partie. Le public, venu en masse et mêlant harmonieusement plusieurs générations de Tunisiens et d’étrangers, attendait ce moment avec une ferveur palpable. Ils n’ont pas été déçus.
L’énergie sacrée du blues au-delà de l’âge
À la voir entrer sur scène, fragile, soutenue par un membre de l’équipe technique, une certaine retenue a d’abord flotté dans l’amphithéâtre. Du haut de ses 73 ans, Liz McComb compose avec les défis physiques liés à l’âge. Mais dès les premières notes, le miracle de la musique a opéré. Comme transfigurée par la communion avec les spectateurs, l’artiste a balayé les doutes en déployant une énergie phénoménale. La musique donne des ailes, et Liz McComb s’est envolée hier soir.
Portée par une voix féerique, d’une puissance rare avec ou sans micro, elle a fait vibrer les pierres du théâtre de Tabarka. Brisant la distance sacrée de la scène, la chanteuse s’est payé le luxe de descendre au plus près de son public pour chanter et vibrer à ses côtés, déclenchant des salves d’applaudissements nourris.
« The amazing Hedi » : Un dialogue musical d’exception
Si la voix de Liz McComb a flambé le théâtre, la scénographie musicale doit énormément à l’équipe d’exception qui l’entoure. Au cœur de cette alchimie, la présence du célèbre guitariste tunisien Hedi Fahem a offert au public un moment suspendu.
Liz McComb ne s’y est pas trompée, multipliant les éloges à son égard tout au long de la soirée : « The amazing Hedi », « He’s terrible », « I’m his fan »… Un hommage appuyé et sincère de la diva internationale à ce musicien tunisien au talent exceptionnel, qui avait d’ailleurs été sacré meilleur guitariste international au concours Yamaha en 2016. Le dialogue entre le piano, la voix habitée de la chanteuse et les solos de guitare de Hedi Fahem a constitué le point d’orgue d’une soirée mémorable.
Le Tabarka Jazz Festival signe là un retour magistral, rappelant sa vocation première : être un carrefour d’émotions universelles où les légendes internationales et les virtuoses locaux se rencontrent pour l’amour du rythme. Que Dieu bénisse ces artistes qui, le temps d’un concert, nous rappellent que le talent n’a pas d’âge.





