Sousse 2026 : La traduction au cœur du Forum des créatrices arabes

Le Forum des créatrices arabes de Sousse (Tunisie) tiendra sa session 2026 du 16 au 18 avril prochains. Sous la plume de la romancière et universitaire Amira Ghenim, la note de cadrage de cette édition place la traduction au centre des débats, non plus comme un simple outil technique, mais comme un véritable acte de résistance et de création.
La traduction : bien plus qu’un pont
Pour cette édition 2026, le Forum s’attaque à un concept dense et pluriel. Comme le souligne Dr Amira Ghenim, la traduction dans les expériences créatives arabes contemporaines dépasse le transfert linguistique pour devenir un espace de négociation entre la langue, l’identité et la reconnaissance culturelle. Loin d’être neutre, elle est présentée comme un « acte interprétatif » qui redessine le sens et interroge la place de la culture arabe sur l’échiquier mondial.

Quand la créatrice devient traductrice
L’un des points forts de cette session sera l’analyse de la traduction lorsqu’elle est pratiquée par l’écrivaine elle-même. Pour une créatrice, traduire n’est pas une tâche annexe : c’est une « seconde écriture ». Le texte traduit devient alors le réceptacle de sa propre voix et de sa sensibilité esthétique.
Cette pratique hybride transforme l’œuvre originale en un laboratoire : le contact avec l’autre langue vient bousculer la syntaxe, le rythme et l’imaginaire de l’auteure, créant ainsi des zones de métissage linguistique qui enrichissent la littérature arabe moderne.
Un enjeu politique et de visibilité
Le forum n’occultera pas les enjeux de pouvoir liés à la diffusion des œuvres. Si la traduction est le moteur indispensable pour exporter la littérature féminine arabe, elle reste soumise aux lois du marché et aux attentes (parfois stéréotypées) du lecteur occidental. « La traduction rend-elle justice à la diversité des expériences arabes ou se contente-t-elle de reproduire des clichés ? », s’interroge Amira Ghenim. C’est tout l’enjeu de cette rencontre : définir si la traduction offre une voix universelle ou si elle enferme la créatrice dans un carcan prédéfini.
Les grands axes du débat
Durant trois jours, les participantes exploreront six thématiques majeures :
L’acte de réécriture : Où s’arrête la traduction et où commence la création ?
L’impact linguistique : Comment le bilinguisme infiltre-t-il le style et l’imaginaire ?
L’esthétique narrative : La traduction comme moteur de renouveau pour le roman et le récit.
La traduction scientifique : Un espace méconnu de créativité.
La médiation culturelle : Le rôle de la traductrice dans la transmission de l’humain.
La reconnaissance internationale : Les critères de sélection des textes et les politiques éditoriales mondiales.
Rendez-vous à Sousse les 16, 17 et 18 avril 2026 pour un événement qui s’annonce comme un tournant dans la compréhension des mécanismes de l’écriture féminine arabe à l’heure de la mondialisation.





