Culture

​JCC 2025 : « My Father’s Shadow », une fresque nigériane entre intime et politique

Parmi les œuvres les plus attendues de la compétition officielle de la 36ème édition des JournéesCinématographiques de Carthage, le premier long-métraged’Akinola Davies Jr, « My Father’s Shadow», a captivé le public tunisois. Entre chronique familiale et tension historique, le film confirme la vitalité du cinéma nigérian contemporain.

Le rideau s’est levé cette semaine sur l’un des joyaux de la sélection officielle des JCC 2025. Après un passage remarqué au Festival de Cannes plus tôt cette année, My Father’s Shadow (« L’ombre de mon père ») a trouvé en Tunisie un écho particulier. Projeté au Théâtre de l’Opéra à la Cité de la Culture, le film d’Akinola Davies Jr s’impose déjà comme un candidat sérieux au Tanit d’Or.

​Un voyage au cœur du chaos de 1993 ​L’intrigue nous plonge dans le tumulte de Lagos en 1993, une année charnière pour le Nigeria, marquée par une crise électorale sans précédent. Le récit suit, sur une seule journée, un père de famille qui tente désespérément de protéger et de guider ses deux jeunes fils à travers la mégalopole en plein basculement politique.

​Loin des clichés du cinéma d’action, le réalisateur choisit la subtilité d’une œuvre semi-autobiographique. La caméra, à hauteur d’enfant, capte l’ombre imposante du père ,figure de protection mais aussi de vulnérabilité, face à l’incertitude d’un pays qui s’embrase.

​Un réalisme magnétique: ​Le public des JCC a été particulièrement sensible à la photographie du film, qui sublime le chaos urbain de Lagos pour en faire un personnage à part entière. Akinola Davies Jr, déjà récompensé pour ses courts-métrages, signe ici une entrée fracassante dans le monde du long-métrage. ​« C’est un film sur la transmission et sur ce que nous laissons à nos enfants quand le monde autour de nous s’effondre», a confié un membre de l’équipe du film lors du débat qui a suivi la projection.

​Le Nigeria en force à Tunis, la présence de My Father’s Shadow aux JCC 2025 souligne une nouvelle fois la diversité du cinéma africain. En s’éloignant des codes de « Nollywood » pour embrasser un cinéma d’auteur exigeant et esthétique, Akinola Davies Jrprouve que les récits locaux possèdent une portée universelle.

​Alors que le festival bat son plein, les critiques s’accordent à dire que cette « ombre » pourrait bien laisser une trace indélébile dans le palmarès de cette édition.

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